Je reviens d'un long - trop long- séjour de "vacances". Je suis partie avec mon Jules et bébé en Italie voir mes beaux-parents. Me voilà donc de retour avec des milliers d'anecdoctes. En voici une qui ne devrait pas vous laisser de marbre:
L'argent n'a pas d'odeur, parait-il ? En tout cas jusqu'au matin du 24 juillet, il n'avait pas d'odeur. Résumons brièvement la sucession des faits : kilomètre 35 de l'autoroute Aosta-Torino, l'ambiance est tendue dans la voiture. Les ventres crient famine et ça fait une heure que c'est l'heure du petit déj'. Plus que 4000 mètres avant la prochaine aire d'autoroute ou on nous promet un restaurant, des WC, un bancomat, une gallerie marchande et meme un Carrefour! Bref, le Nirvana! Ca y est, on y est : je jubile, mon Jules court chez le marchand de journaux (les nourritures spirituelles sont plus délectables que les terrestres... j'y crois pas une seconde), bébé piaffe d'impatience et le chien frétille de la queue. Quelle ambiance, les amis, quelle ambiance!
Mais, après avoir fait le douloureux constat qu'il n'y avait rien à se mettre sous la dent dans le resto, nous décidames d'un commun accord d'aller quérir quelques victuailles au Carrouf' du coin. Evidemment, je suis désignée volontaire et c'est comme ça que je me retrouve dans les rayons du supermarché avec sous le coude droit le porte-monnaie et sous le coude gauche mon petit bébé qui lui avait eu la chance et le privilège de manger avant tout le monde. Caisse 18, je m'apprete à régler ma baguette et mon jus de fruits quand soudain c'est le drame : le fils de mon Jules - dans ces cas-là ce n'est jamais le mien - vomit dans mon porte-monnaie. Pas un peu à coté, non, juste à l'intérieur de mon porte-monnaie. C'est une catastrophe! Il y en a de partout sur les billets et sur les pièces.
Rouge de honte, je tends un billet trempé et fleurant bon le lait caillé à la caissière qui en échange me donne un vieux bout de rouleau PQ pour m'essuyer.
"L'argenta non a della odora!" ai-je timidement lancé, histoire de détendre l'atmosphère. Manifestement, son regard noir en disait long sur l'opinion qu'elle avait pu se faire des françaises : sales, "analpha-betes", et en plus elles se reproduisent.
Et voilà comment naissent les clichés!